Sécurisation du patrimoine religieux

L’UNESCO édite un guide destiné à toutes les personnes (religieux, fidèles, gestionnaires, propriétaires…) en contact avec le patrimoine cultuel et soucieux de mieux le protéger contre les actes de malveillance (vols, vandalisme, intrusions, voire incendies  criminels ou terrorisme) :

https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000216292_fre

 

 

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Bien entendu, les conseils pratiques qui y sont donnés valent tout aussi bien pour le patrimoine civil. Ils sont d’ailleurs souvent proposés lors des journées du ‘Patrimoine’ organisées chaque année dans toute l’Europe !

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35 commentaires sur “Sécurisation du patrimoine religieux

  1. Walter dit :


    Depuis 2013, au cœur de la Forêt-Noire allemande dans la ville de Messkirch, 25 maîtres artisans et quinze bénévoles de Campus Galli construisent sur 25 hectares de terrain une grande cathédrale de pierre et environ 40 autres bâtiments, en utilisant des méthodes et des matériaux médiévaux. Ce site se distingue du Colonial Williamsburg en Virginie (USA) tant le projet est ambitieux.
    https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/des-artisans-allemands-construisent-une-cathedrale-avec-des-techniques-du-moyen-age-20200118

    Le plan de St Gall aurait été dessiné aux environs de l’an 820 par des moines du monastère bénédictin de l’île de Reichenau, située dans le sud-ouest de l’Allemagne. Il donne une idée précise de la vie de l’époque carolingienne.
    https://www.campus-galli.de/klosterplan/?lang=en

    C’est un homme d’affaires allemand catholique, Bert Geurten, qui eut l’idée de reconstruire Saint-Gall. Quatre millions d’euros ont été aussi investis par la municipalité de Messkirch et l’Union européenne pour la construction de la cathédrale, convaincue que ce chantier stimulerait le tourisme. Malheureusement il ne verra pas le chantier se terminer puisqu’il mourut d’une crise cardiaque en 2018 à l’âge de 68 ans.

    Cela fait penser au château de Guédelon qui se construit de la même façon en France :

  2. gilles dit :

    Regard historique sur la protection juridique des choses sacrées :

    Le droit romain est ainsi à l’Europe ce que lui est aussi la philosophie grecque. Ce sont de riches héritages intellectuels qui ont forgé la civilisation européenne, avec l’enrichissement supplémentaire du christianisme. La présence de cet élément fondamental dans le patrimoine de la civilisation européenne justifie qu’on le consulte et en tienne compte lorsque des conflits sérieux portent justement sur ces éléments de civilisation. Le droit n’est pas simplement le contenu de textes positifs, il est aussi la mémoire d’une longue expérience.

    Au deuxième siècle après J.C., Gaïus, l’un des plus célèbres juristes de l’âge classique, ouvre le second commentaire de ses Institutes par une division fondamentale des « choses » (summa divisio), entre « choses » de droit divin et « choses » de droit humain. Il convient d’abord de préciser que pour Gaïus les « choses » ne se limitent pas aux réalités tangibles ; il connaît des « choses incorporelles ». Les choses de droit divin se divisent à leur tour en choses sacrées ou en choses religieuses. Les choses sacrées sont celles qui sont consacrées, consecratae, aux dieux supérieurs, alors que les choses religieuses concernent les dieux familiaux, à savoir les Manes ancestraux auxquels sont dédiés par exemple un autel domestique ou un tombeau familial. L’accès à la catégorie des choses ne dépend pas de l’initiative des citoyens. Elle résulte d’un acte juridique solennel, public car visible par tous et surtout concernant l’ensemble du peuple romain : une loi ou un sénatus-consulte. Les choses sont sacrées « par l’autorité du peuple romain », ex auctoritate populi romani. La constitution même du peuple romain contient en effet incontestablement un élément religieux. Ce sont les pontifes qui, en suivant le rite, consacrent au nom du peuple, comme le déclarent les Institutes de Justinien (Lib.II, §1). La consécration a dès lors pour but et pour effet de réserver les choses consacrées au divin, de les lui dédier. Elles sont ainsi mises à part. La conséquence juridique qui en résulte est qu’elles deviennent des choses qui sont hors commerce. Elles n’entrent dans le patrimoine d’aucun citoyen et ne sont pas susceptibles d’aliénation ni d’obligations. Elles sont dédiées au service du dieu, comme le précisent encore les Institutes de Justinien : « dedicata ad ministerium dei ».

    Le droit canonique, un autre élément du droit commun de l’Europe, a repris en partie ces idées. Ainsi le code de 1917 déclare que les choses sacrées ne doivent pas être utilisées pour des usages qui répugnent à leur nature (can. 1537). Il admet cependant un certain commerce de celles-ci, à condition que la considération de leur caractère sacré ne soit pas prise en compte dans la fixation du prix, afin d’ôter tout caractère simoniaque à des transactions de ce genre (can. 1539). Le canon 1171 du code de 1983 reprend avec une formulation un peu différente l’idée que les « res sacrae », qui sont consacrées par une bénédiction ou une dédicace au culte divin, ne doivent pas faire l’objet d’un usage contraire à leur destination. Le code oriental redit à peu près la même chose (can. 1018). Les hosties consacrées sont évidemment et suréminemment des « res sacrae » et leur conservation doit être assurée dans un ciboire ou un vase ; il convient aussi qu’elles soient rapidement consommées (can. 939). Elles font l’objet de dispositions minutieuses décrites dans le canon 938 : dans un tabernacle solide, fermé à clé, l’hostie sera « conservée avec le plus grand soin », afin d’éviter au plus haut point toute profanation, ut quam maxime periculum profanationis vitetur. L’article trois de la Constitution Pastor Bonus réserve à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi les délits contre la sainteté de l’Eucharistie. Enfin, le canon 1367 du code de 1983 prévoit que quiconque emporte ou détient des hosties en vue de commettre un sacrilège encourt la peine de l’excommunication « latae sententiae », dont le prononcé est réservé au Siège Apostolique. Le clerc encourt en outre, éventuellement, une autre peine y compris le renvoi de son état clérical. Tout ceci montre le sérieux et la gravité avec laquelle l’Eglise considère toute profanation eucharistique.

    Ces textes ne sont évidemment pas en vigueur du point de vue du droit positif étroitement entendu, c’est-à-dire dans le droit étatique des divers États européens ni dans le droit écrit de l’Union européenne ou du Conseil de l’Europe. Mais un texte peut, si l’on n’accepte pas un positivisme étroit, ne pas être positivement en vigueur et néanmoins mériter d’être pris en considération.
    https://eclj.org/religious-autonomy/coe/regard-historique-sur-la-protection-juridique-des-choses-sacrees

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