« La chienlit mondialiste laissez-fairiste ! »

L’expression vient de Maurice Allais ! Elle est citée dans son livre « La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance » Editions Clément Juglar, Paris 1999 (page 217).

Depuis 1974, la domination intolérante de la secte libre-échangiste n’a cessé de s’exercer. Ainsi et par exemple depuis le 11 septembre 2002, notre prix Nobel d’économie français, n’a pu publier aucun article dans Le Figaro. Ce qui ne l’empêcha pas  le 10 octobre 2010, pour évoquer son décès ayant eu lieu la veille, d’affirmer benoîtement qu’il collaborait « dans de nombreux journaux, à commencer par Le Figaro. » Cette  hypocrisie se remarquait aussi dans les médias audiovisuels. On évitait de le convier sur les plateaux de TV alors qu’il était l’un des seuls à annoncer il y a plus de 10 ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire. Il dénonçait pourtant déjà les origines de la crise, de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Pourquoi donc les grands médias en France autorisent-ils certains experts et pas d’autres ? Qui détient le pouvoir de décision de nous laisser écouter soit des ignorants soit des trompeurs ?  Dans nos pays occidentaux, le grand capital apatride verrouille d’une main de fer non seulement les medias mais aussi l’opinion et les élections. Cette évolution s’est produite sous l’influence de plus en plus dominante des sociétés multinationales. Elles exercent en fait un pouvoir politique exorbitant.

Première constatation, les crises économiques résultent toujours d’excès de crédits. (voir à ce sujet le Français Clément Juglar 1829-1905). Les excès de crédits immobiliers aux USA ne sont-ils pas en effet à l’origine de la crise que nous traversons ? Et le surendettement des Etats ne contribue-t-il pas à la prolonger ?  Si on avait pleinement compris Juglar mais aussi l’Américain Irving Fisher, la situation d’aujourd’hui serait tout autre. Car actuellement, l’économie mondiale tout entière repose sur de gigantesques pyramides de dettes prenant appui les unes sur les autres. Le monde est devenu un vaste casino !

Les multinationales et la finance mondiale ont un seul objectif : maximiser leurs profits et leur puissance. Leur stratégie s’étendant à la planète entière, elles ont impérativement besoin de 3 libertés :

1/ Liberté totale de transférer leurs capitaux, leurs bénéficies et leurs entreprises d’un pays à l’autre en fonction de leurs intérêts.

2/ Liberté totale d’écouler partout leurs produits sans aucune entrave ni droit de douane.

3/ Liberté totale d’importer de la main d’œuvre étrangère dans n’importe quel pays. En effet, lorsqu’elle est massive, l’immigration crée un chômage permanent qui casse les revendications et fait baisser les salaires. En outre, un métissage généralisé des populations et la vente de produits standardisés uniformisent les comportements à l’échelle mondiale.

Ce superbe raisonnement oublie que le niveau de vie de chacun ne dépend pas que des prix mais aussi de son revenu. Si les prix baissent de 10% mais les revenus de 20% ou même disparaissent par suite du chômage, quel est l’avantage pour ces gens là ? Les importations massives de produits étrangers bon marché détruisent des pans entiers de la production nationale. Et l’arrivée ininterrompue de nouveaux immigrés ne peut qu’accentuer le chômage, les baisses de salaire et les prélèvements fiscaux et sociaux croissants pour justement aider cette immigration.

La doctrine libre-échangiste repose sur la comparaison entre les prix nationaux et les prix étrangers. Jusqu’en 1914 l’étalon-or assurait une grande stabilité des taux de change. Donc de la vérité des prix. Mais depuis l’abandon de l’or, les prix de nombreux pays sont artificiellement abaissés par des dépréciations monétaires. Par exemple, les exportations des USA et de la Chine sont dopées par des baisses soigneusement entretenues du dollar et du yuan.

Ce sont les universités américaines, financées par fonds privées, qui se mirent au début à ne plus enseigner que les théories libre-échangistes. Les européennes durent s’y soumettre. Pendant ce temps, les organisations internationales : FMI, GATT, OMC, OCDE… furent créées pour chapeauter l’organisation de la planète dans cet esprit. Et dans  chaque nation, les partis agréés par le grand capital apatride devaient tout faire pour ouvrir les frontières, casser les mouvements politiques d’inspiration nationale en leur interdisant les médias, en les discréditant par tous les moyens. Et comme du temps des romains, pour calmer les perdants de la mondialisation, on  distribue au peuple subventions, allocations et jeux de cirque :  foot, TV, loterie, bagnoles, jeux….. Et pour entretenir l’illusion que c’est le peuple qui décide, pour simuler la démocratie, la gauche et la droite multiplient les élections et les affrontements mais uniquement sur des questions qui n’intéressent pas le grand capital apatride !  Dans le monde actuel, le véritable pouvoir se situe bien au-delà des marionnettes de la politique spectacle qui ne passionne que les gogos.

L’accession du dollar au cœur du SMI (Système Monétaire International)  procure aux USA d’énormes avantages mais pénalise lourdement les autres pays. Le dollar comme monnaie internationale a pour effet de financer les déficits américains par la communauté internationale. Cela enrichit le pays le plus riche aux dépends des plus pauvres. Et le système des changes flottants permet et génère une spéculation gigantesque sur les changes particulièrement nocive !

La mondialisation de l’économie est très profitable pour quelques groupes privilégiés. Mais les intérêts de ces groupes ne sauraient s’identifier avec ceux de l’humanité toute entière. En ce qui concerne la France, les résultats sont déjà catastrophiques. Et c’est bien la politique de libre-échange mondialiste poursuivie par l’organisation de Bruxelles qui a entraîné à partir de 1974, la destruction de nos emplois, de notre industrie, de notre agriculture et de notre croissance. Sans elle, le PIB réel par habitant serait aujourd’hui au moins 30% plus élevé qu’il ne l’est actuellement !

En 1968, les étudiants à Paris défilaient en scandant « il est interdit d’interdire ». C’est exactement le slogan du libéralisme sauvage ! Entre l’excès de réglementation et la déréglementation totale, il est nécessaire de trouver un optimum.

In medio stat virtus.

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8 commentaires sur “« La chienlit mondialiste laissez-fairiste ! »

  1. montesinos dit :

    qu’est ce qu’on attend pour devenir protectionniste?
    Seul le chef d’état qui fera cette politique protectionniste sera le bon candidat!!!

    • tien dit :

      Je suis bien d’accord ! Le plus capable dans le lot était Asselineau ! Mais il n’a pas réussi à avoir ses 500 signatures ! Quand on ne passe pas dans les médias, on n’a aucune chance ! Et comme les médias appartiennent aux banksters, ce n’est pas demain la veille qu’il pourra se présenter ! Son parti est le UPR :

      http://www.u-p-r.fr/

      Dans son site, on y trouve des vidéos particulièrement intéressantes !

  2. montesinos dit :

    maurice allais qui était loin d’être un connard a dit ce qu’il en est!
    c’est de plus en plus vrai!

  3. duc dit :

    Il l’avait écrit il y a 10 ans ! il avait tout compris ! Mais les autres aussi ! Le but, endetter les pays pour les obliger à perdre leur souveraineté ! C’est une crise artificielle !

  4. tien dit :

    Que cela soit le groupe de Bilderberg ou la Trilatérale, leurs membres se sont aperçus des méfaits du néo-libéralisme. Pourquoi donc ne font-ils rien ?

    http://meteopolitique.com/Plan/Fiches/democratie/oligarchie/trilaterale/04/trilaterale_monde_politique.htm

  5. Atlas dit :

    « Un fonctionnement libre de tous les marchés entraîne-t-il nécessairement la prospérité pour chaque pays et pour chaque groupe social, dans un monde libéré de ses frontières économiques ?

    .1/ Depuis maintenant vingt-cinq ans que l’Organisation de Bruxelles poursuit inexorablement une politique de libre échange mondialiste, l’économie française se caractérise, au travers de fluctuations conjoncturelles, par des tendances de fond: la destruction des emplois, la destruction de l’industrie, la destruction de la croissance. Quelle est la cause profonde de cette évolution ? C’est incontestablement la politique de libre-échange mondialiste mise en œuvre depuis 1974 par l’Organisation de Bruxelles, à la suite de l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun, le 1er janvier 1973. Personne à ce jour n’a été capable d’en donner une autre explication en accord avec les données de l’observation.
    2/ Les pays à bas salaires représentent aujourd’hui des milliards d’hommes et leur compétition dans un monde de libre-échange ne peut qu’entraîner dans les pays développés un nivellement des salaires vers le bas et une explosion du sous-emploi, la destruction de l’industrie et la destruction de la croissance.
    3/ La mondialisation de l’économie est certainement très profitable pour quelques groupes de privilégiés. Mais les intérêts de ces groupes ne sauraient s’identifier avec ceux de l’humanité toute entière. Une mondialisation précipitée et anarchique ne peut qu’engendrer partout instabilité, chômage, injustices, désordres et misères de toutes sortes, et elle ne peut que se révéler finalement désavantageuse pour tous les peuples.

    Au regard de l’ensemble de l’évolution constatée en France de 1974 à 1997, soit pendant vingt-trois ans, on peut affirmer aujourd’hui que cette évolution se poursuivra si la politique de libre-échange mondialiste de l’Organisation de Bruxelles est maintenue.

    La question majeure n’est pas seulement celle d’un sous emploi massif, c’est également la destruction de notre industrie et la destruction de la croissance de notre économie.
    – une mondialisation généralisée des échanges entre des pays caractérisés par des niveaux de salaires très différents aux cours des changes ne peut qu’entraîner finalement partout, dans les pays développés comme dans les pays sous-développés, chômage, réduction de la croissance, inégalités, misères de toutes sortes. Elle n’est ni évitable, ni nécessaire, ni souhaitable.
    – une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés et de développement économique et social comparable.
    – il est nécessaire de réviser sans délai les traités fondateurs de l’Union européenne, tout particulièrement quant au rétablissement d’une préférence communautaire.
    – il faut, de toute nécessité, remettre en cause et repenser les principes des politiques mondialistes mises en œuvre par les institutions internationales et tout particulièrement par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

    Le développement dans tous les pays d’un chômage massif, l’extension continue d’inégalités inacceptables, l’émergence d’une insécurité généralisée et de zones de non-droit, la disparition progressive des principes éthiques indispensables à la survie de toute société impliquent un réexamen total et profond des politiques mises en œuvre. Il est bien certain que la France ne peut avoir d’avenir que dans le cadre européen, mais ce cadre ne saurait se réduire ni à la domination illimitée et irresponsable des nouveaux apparatchiks de Bruxelles, ni à la vaste zone de libre-échange mondialiste ouverte à tous les vents, ni à une domination de fait des Etats-Unis, eux-mêmes dominés par le pouvoir plus ou moins occulte, mais très puissant, des sociétés multinationales américaines. En aucun cas, la participation de la France à la construction européenne ne doit la conduire à se dissoudre dans un ensemble où ses intérêts fondamentaux seraient méconnus, où elle ne pourrait que se détruire, et où finalement elle perdrait son âme.

    Pour lutter efficacement contre un sous-emploi massif, pour arrêter la destruction de l’industrie et rétablir la croissance, il faut redonner à nouveau l’Union européenne sur la préférence communautaire, sur laquelle reposait le Marché commun jusqu’en 1974. Un objectif raisonnable serait que, par des mesures appropriées, et pour chaque produit ou groupe de produits, un pourcentage minimal de la consommation communautaire soit assuré par la production communautaire. La valeur moyenne de ce pourcentage pourrait être de l’ordre de 80%. C’est là, au regard de la situation actuelle, une disposition fondamentalement libérale qui permettrait un fonctionnement efficace de l’économie communautaire, à l’abri de tous les désordres extérieurs tout en assurant des liens étendus et avantageux avec tous les pays tiers. »

    Maurice Allais, Prix Nobel – Le Figaro 27/12/1999.

  6. Luc dit :

    Selon Maurice Allais, il y a une règle d’or des finances publiques ! Le taux d’intérêt sur la durée devrait être égale au taux de croissance.
    -http://www.dailymotion.com/video/x268ers_jean-marc-daniel-la-regle-d-or-des-finances-publiques-d-apres-maurice-allais-19-09_news?start=5
    Mais voilà, en ce moment on a une croissance de 0,5% et une inflation de 0,5% ce qui fait 1%. Alors que le taux d’intérêt sur nos dettes longues est de 1,3% ! Donc le taux d’intérêt est supérieur au taux de croissance. La dette de la France coûte de plus en plus chère ! Et c’est un drôle de paradoxe car ces taux d’intérêts sont historiquement très bas et pourtant trop hauts ! De plus ils vont remonter ! Il ne peut en être autrement !

  7. Benoit dit :

    Le libéralisme selon Guillaume de Thieulloy :

    Il existe plusieurs libéralismes ! Le Vocabulaire technique et critique de la philosophie de Lalande distingue quatre sens du mot :

    – « Doctrine politique suivant laquelle il convient d’augmenter autant que possible l’indépendance du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir exécutif, et de donner aux citoyens le plus de garanties possible contre l’arbitraire du gouvernement. » (A)
    – « Doctrine politico-philosophique d’après laquelle l’unanimité religieuse n’est pas une condition nécessaire d’une bonne organisation sociale, et qui réclame pour tous les citoyens la “liberté de pensée”. » (B)
    – « Doctrine économique suivant laquelle l’État ne doit exercer ni fonctions industrielles, ni fonctions commerciales, et ne doit pas intervenir dans les relations économiques qui existent entre les individus, les classes ou les nations. » (C)
    – « Respect de l’indépendance d’autrui ; tolérance ; confiance dans les heureux effets de la liberté. » (D)

    On constate ainsi que « le » libéralisme est une doctrine s’appliquant à des champs extrêmement variés. Mais aussi que le libéralisme n’est pas seulement une doctrine, mais une sorte d’attitude devant la vie. Une telle profusion de sens ne simplifie pas notre tâche !

    D’autant que Lalande ne recense pas tous les sens actuellement en circulation. Aujourd’hui, le libéralisme philosophique s’entendrait plutôt comme synonyme de relativisme. Par ailleurs, le libéralisme des mœurs, description polie de la « révolution sexuelle », est totalement absent dans cette énumération. Enfin, signalons qu’être libéral n’est pas simplement être tolérant, comme au sens D, mais signifie encore être généreux, vertu souvent louée par les penseurs médiévaux !

    Bref, le libéralisme recouvre des réalités très différentes. Existe-t-il tout de même quelque chose de commun à tous ces libéralismes ? De toute évidence, oui : l’importance attribuée à la liberté. Cette qualité éminente des êtres spirituels (l’homme, l’ange et Dieu) étant impliquée dans la plupart des domaines de l’action humaine, il est assez logique que l’on trouve des libéralismes aussi variés et non moins logique que l’on puisse parler du libéralisme au singulier.

    Libéralisme et anthropologie chrétienne. Il nous reste alors la tâche la plus délicate : apprécier ces divers libéralismes au regard de l’anthropologie chrétienne.

    Il est assez aisé de disqualifier le libéralisme philosophique : nous croyons que l’esprit humain est capable de reconnaître la vérité et nous rejetons donc le relativisme.

    Il est, de même, assez aisé de disqualifier le libéralisme moral : tous les actes humains ne sont pas neutres moralement et il est impossible de bâtir une société fondée sur un tel libéralisme. Si chaque individu se dote de sa propre et arbitraire échelle de valeurs, qui m’empêchera de tuer mon voisin ? Nous n’avons alors pas une société, mais la guerre de tous contre tous. Remarquons, en passant, que même les partisans les plus acharnés de la révolution de 68 ne vont pas jusqu’au bout de leur logique : ils critiquent certes l’idée d’une morale inscrite dans la nature humaine, mais sont bien obligés de vivre comme si certains actes étaient effectivement prohibés par la nature humaine elle-même et ne suggèrent pas, par exemple, la dépénalisation de l’assassinat. De même, les partisans du libéralisme philosophique s’abstiennent de cohérence : il existe toujours des opinions interdites ou taboues.

    Restent les libéralismes politique et économique. Léon XIII les condamne nettement, dans son encyclique Libertas (1888) :

    « Il en est un grand nombre qui, à l’exemple de Lucifer, de qui est ce mot criminel : Je ne servirai pas, entendent par le nom de liberté ce qui n’est qu’une pure et absurde licence. Tels sont ceux qui […] veulent être appelés Libéraux. […]

    « Ce que sont les partisans du Naturalisme et du Rationalisme en philosophie, les fauteurs du Libéralisme le sont dans l’ordre moral et civil, puisqu’ils introduisent dans les mœurs et la pratique de la vie les principes posés par les partisans du Naturalisme. Or, le principe de tout rationalisme, c’est la domination souveraine de la raison humaine, qui, refusant l’obéissance due à la raison divine et éternelle, et prétendant ne relever que d’elle-même, ne se reconnaît qu’elle seule pour principe suprême, source et juge de la vérité. »

    Est ici clairement condamné le libéralisme dans l’ordre moral et civil – c’est-à-dire non seulement le libéralisme des mœurs, mais aussi le libéralisme dans l’ordre social, donc en matière politique et économique.

    Pourtant, Jean-Paul II, dans Centesimus annus (1991), écrit, pour sa part : « Il semble que, à l’intérieur de chaque pays comme dans les rapports internationaux, le marché libre soit l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins. »

    Alors, qu’est-ce que l’Église a réellement visé dans sa condamnation constante du libéralisme ?

    Pour répondre, examinons d’abord le libéralisme politique. Nous sommes naturellement tous opposés à l’arbitraire du gouvernement, signalé par Lalande (sens A). En revanche, rien ne prouve que la séparation des pouvoirs soit une garantie contre l’arbitraire. Le régime de Saint Louis, aussi éloigné que possible des théories de Montesquieu, était pourtant infiniment moins arbitraire que celui de Robespierre !

    Ce qui est critiquable dans le libéralisme politique, c’est principalement l’individualisme. Conscients que l’homme est un animal social, nous, catholiques, refusons de voir dans la société un simple agrégat d’individus. D’où notre refus des « principes de 89 » qui récusent toute communauté entre l’individu et l’État. Poussé à l’extrême, le libéralisme est ainsi, par nature, dissolvant de la société.

    La plupart des libertés revendiquées par le libéralisme politique (liberté de la presse, liberté d’expression, liberté d’opinion…), si elles sont orientées au bien commun, ne sont pas, en elles-mêmes, condamnables – ce sont leurs abus qui le sont –, mais ne sont pas non plus des absolus : elles sont subordonnées à la vérité, à l’ordre public et au bien commun.

    Libéralisme et libertés économiques. Toutefois, le principal débat actuel concerne le libéralisme économique. Précisons d’abord que, malgré l’apparente synonymie entre les deux concepts, les critiques du libéralisme économique ne visent pas le capitalisme (qui peut être d’État ou privé, monopolistique ou largement répandu dans la société). En tout cas, ce que nous avons dit du libéralisme politique peut s’appliquer, mutatis mutandis, au libéralisme économique. Mais il existe bien d’autres raisons de condamner le libéralisme économique au sens strict, comme le devoir de justice que ne satisfait pas toujours la loi de l’offre et de la demande : ce n’est pas parce que la concurrence sur le « marché du travail » permet de payer un travailleur chinois un dollar par jour qu’il est légitime de le faire. Par ailleurs, contrairement au libéralisme doctrinaire, l’Église n’estime pas que tous les besoins de l’homme puissent être satisfaits par le marché. Et, surtout, l’Église n’estime pas que l’État soit toujours illégitime dans ses actions économiques. Selon le principe de subsidiarité, l’État est légitimé à intervenir dans les affaires économiques quand aucun autre acteur ne peut le faire mieux que lui.

    Il faut cependant signaler – et c’est loin d’être anecdotique ! – que la plupart des pourfendeurs de « l’ultra-libéralisme » s’attaquent à des chimères. Il faut beaucoup d’imagination pour croire que la France est actuellement un pays ultra-libéral, comme le disent tant de dirigeants politiques : un pays dont plus de la moitié de la richesse produite est absorbée par la sphère publique est plus proche du communisme que du libéralisme.

    http://www.lanef.net/t_article/rendre-la-liberte-confisquee-guillaume-de-thieulloy-26110.asp

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