Pour les Maliens aussi, la fin des temps est proche !

La porte de la fin des temps !

 

N’est-il pas ahurissant de voir cet occident, qui se veut laïc et démocratique, favoriser l’essor  dans le monde de la charia et de l’intégrisme ?

Même les policiers se mettent à porter la burqa

Son action criminelle en Libye, a permis à de nombreux groupes islamistes de s’accaparer des arsenaux libyens. Face à cette idéologie totalitaire en pleine expansion, au point d’avoir déjà pris pied au cœur de l’Europe et en France singulièrement, le monde libre se comporte avec lâcheté. Une lâcheté dont un jour elle devra en payer le prix. Ce qui arrive au Mali, dont la langue officielle est le français, arrivera aussi à la France.

 

En janvier 2012, de retour de Libye, les Touaregs du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) s’attaquent à l’armée malienne pour proclamer l’indépendance de l’Azawad.

Mais les islamistes d’Al Qaida profitent de cette déstabilisation pour tenter d’installer au Mali leur Califat. Ils sont aidés par un dissident touareg qui fonde le mouvement Ansar ed-Dine constitué au départ par une fraction touareg ifora à laquelle se joignent des combattants islamistes arabes ou sahéliens. Le Qatar, joue ici comme ailleurs, un jeu trouble, par son soutien financier et militaire qu’il apporte à ces islamistes radicaux qui sèment le chaos dans le pays. Des agissements largement connus des puissances occidentales qui laissent faire, tant la manne gazière et la position du pays dans le Golfe est stratégique. Sans oublier bien sûre, les enveloppes distribuées à nos partis corrompus, comme déjà Kadhafi avait l’habitude de le faire. Elles savent pourtant que le Qatar investit aussi, comme l’Arabie Saoudite et les EU, dans le djihadisme en France. Notamment en Seine saint Denis. Pourquoi donc les laisse-t-on faire ? Pourquoi va-t-on jusqu’à leur faire bénéficier d’allègement d’impôts chez nous ?

 

 

Donc ce groupe islamiste armé, lié à Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) s’empare avec l’aide des rebelles touareg du MNLA du nord du Mali, profitant du vide du pouvoir à Bamako, consécutif au coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 contre le président élu Ahmadou Toumani Touré.

Ensuite ce fut au tour des Touaregs du Mouvement de libération de l’Azawad (territoire du Nord-Mali) d’être vaincus par les islamistes d’Ansar ed-Dine, appuyés par l’Algérie.

Et pour empêcher la population de se déplacer dans ce contexte de guerre et de crise alimentaire, le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’ouest), les Talibans du Mali,  place des mines antipersonnels autour de la cité. Les enfants en seront les premières victimes mais c’est hélas le cadet de leur souci. Déjà certains sont enrôlés de force, d’autres violés, alors amputés par une mine qu’importe.

http://www.marianne2.fr/Au-Mali-le-Qatar-investit-dans-le-djihadisme_a220404.html

 

Depuis le 1er avril, Tombouctou est donc aux mains des combattants d’Ansar ed-Dine :

Ces talibans du désert ont entrepris de détruire plusieurs mausolées de cette ville historique. L’obscurantisme s’installe dans la cité malienne des « 333 saints ». Les fondamentalistes menacent d’y effacer, au nom de la pureté de l’islam,  les traces de ce qui fut un grand centre intellectuel africain.

En le faisant, ne suivent-ils pas l’exemple de Mahomet, quand furent renversés les idoles entourant la Kaaba, la pierre noire de La Mecque ?  L’islam doit tuer l’histoire,  pour imposer la sienne.

C’est ainsi que fut brisée la porte de la fin des temps : «La légende veut que la grande porte de la mosquée de Sidi Yaha reste fermée jusqu’à la fin de notre monde», a expliqué l’imam Alpha Abdoulahi. «Huit hommes d’Ansar ed Dine ont forcé l’entrée de la mosquée avant de m’offrir en dédommagement 50 000 FCFA (environ 95 francs), ce que j’ai refusé en disant que ce qu’ils avaient fait était irréparable», a-t-il dit.

 

Tombouctou, fondée au XIIe siècle et qui connut son apogée au milieu du XVe siècle, est sans doute le plus grand centre du savoir en Afrique :

http://www.youtube.com/watch?v=_vKBcJsqmOA&feature=player_embedded

Dotée de la prestigieuse université coranique de Sankoré et d’autres medersa, elle fut un centre de propagation de l’islam en Afrique. Mais le classement par l’Unesco, le 28 juin, de sept mausolées et de ces trois grandes mosquées (Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia), sur la liste du « patrimoine mondial en péril », eut un effet pervers.

http://whc.unesco.org/fr/list/119/

Tombeau des Akia à Gao :

http://amisdumali.com/diapo%20askia/index.html

Habité depuis 250 av. J.-C., le site de Djenné s’est développé pour devenir un marché et une ville importante pour le commerce transsaharien de l’or :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=NdGvO-_Ena8

Il a attiré l’attention des troupes d’Ansar ed-Dine dont le porte-parole Oumar oud Hamaha a déclaré : « La construction de mausolées funéraires est contraire à l’islam et nous les détruirons parce que la religion nous l’ordonne ». La valeur réelle des monuments de Tombouctou sur le plan patrimonial et culturel, ces djihadistes l’ignorent le plus souvent. La plupart d’entre eux sont des mercenaires ignares, formés sur le modèle wahhabite, pratiquant donc un islam différent de celui qui a cours au Mali, à savoir un islam d’inspiration soufie.

La crainte, aujourd’hui, est que les rebelles touaregs s’en prennent aussi aux fameux « Manuscrits de Tombouctou », ces dizaines de milliers de livres qui reposaient depuis des siècles sous les sables du désert et que l’on a commencé d’exhumer, de répertorier, de classer et même de numériser depuis quelques décennies.

 

« Le sel vient du nord, l’or vient du sud et l’argent du pays des Blancs, mais la parole de Dieu et les trésors de la sagesse ne se trouvent qu’à Tombouctou. »

 

Ce véritable trésor est constitué de près de cent mille manuscrits détenus par les grandes familles de la ville :

Certains d’entre eux, datent de l’époque préislamique remontant au XIIe siècle. Ils sont pour la plupart écrits en arabe ou en peul, par des savants originaires de l’ancien empire du Mali et contiennent un savoir didactique notamment dans les domaines de l’astronomie, de la musique, de la botanique… Des manuscrits plus récents couvrent les domaines du droit, des sciences, de l’histoire (avec d’inestimables documents comme le Tarikh el-Fettash (Chronique du chercheur) de Mahmoud Kati sur l’histoire du Soudan au XVe siècle et le Tarikh es-Sudan (Chronique du Soudan) d’ Abderrahmane Es Saâdi ( XVIIe siècle), de la religion, du commerce. Les conférences des oulémas y sont alors retranscrites sur des écorces, des omoplates de chameau, de la peau de mouton ou du papier en provenance d’Orient puis d’Italie. Le centre de documentation et de recherches Ahmed-Baba (Cedrab), fondé en 1970 par le gouvernement avec l’aide de l’UNESCO, recueille certains de ces manuscrits pour les restaurer et les numériser. Si déjà plus de 18 000 manuscrits ont été collectés par ce centre, on estime qu’il existerait jusqu’à 300 000 manuscrits dans l’ensemble de la zone touarègue. Environs 60 à 80 bibliothèques privées existent aussi dans la ville, parmi lesquelles la bibliothèque commémorative Mamma Haidara et la bibliothèque Mahmoud-Kati.

Toutefois, si les hommes de troupe sont ignares et inconscients de la portée culturelle de ces ouvrages rarissimes, leurs chefs peuvent, eux, avoir conscience de leur valeur marchande. Ainsi craint-on de voir ces ouvrages rarissimes, écrits en langue arabe ou en fulani (peul) par des érudits, se retrouver sur le marché de l’art officiel ou officieux. Le circuit est connu de ces biens culturels qui, venant d’Afrique, transitent généralement par la Suisse avant d’être proposés, sous le manteau ou en vente publique après avoir été maquillés, à des collectionneurs privés prêts à tout pour les acquérir.

L’Association des chefs religieux du Mali a condamné «le crime de Tombouctou». L’Organisation de coopération islamique (OCI), qui totalise 57 membres, a elle également «déploré» la destruction de mausolées qui «font partie du riche patrimoine islamique du Mali.

 

Encore une fois, l’occident continue à  jouer dans ce pays un mauvais rôle :

Avant ces événements, ce pays n’avait-il pas dû subir un des mécanismes d’étranglement cher au FMI grâce à la spéculation su le coton ? Celui-ci l’avait engagé dans les années 90 dans une production à grande échelle de coton pour l’exportation. Puis le marché mondial ayant réduit fortement son prix, provoqua l’endettement des Maliens. Ils se sont tournés vers le FMI qui leur prêta de l’argent sous la condition de sacrifier tous les investissements publics et de s’ouvrir à l’investissement étranger. Résultat, toutes les richesses et ressources naturelles furent bradées. Le chemin de fer a été vendu à une compagnie canadienne pour 107 millions de Francs CFA, autant dire rien du tout. Ce fut un pillage ! Pour ce qui est des mines, les multinationales achetèrent les terres aux paysans à 54€ les 7 hectares. L’ensemble du territoire a ainsi été privatisé et repartagé comme un gâteau entre les multinationales. Les paysans se retrouvèrent sans rien. L’une d’elle, Morila SA, est une société d’extraction qui appartient à Anglogold issue du consortium Anglo American et à Randgold qui appartient à Oppenheimer-Debeers (monopoliste sud-africain).

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78 commentaires sur “Pour les Maliens aussi, la fin des temps est proche !

  1. Louis dit :

    l’ONG Public Eye dévoile les pratiques peu scrupuleuses de traders pétroliers suisses en Afrique :

    Quatre enquêteurs ont travaillé durant trois ans pour percer les mystères toxiques de l’essence et du diesel distribués sur le continent africain par les géants suisses du négoce de matières premières. Les résultats de cette enquête publiée le 15 septembre 2016 sont sans appel : les carburants écoulés en Afrique ont une teneur en soufre entre 200 et 1 000 fois plus élevée qu’en Europe, mettant gravement en péril la santé de populations exposées aux particules fines et à d’autres substances chimiques cancérigènes.

    Pour augmenter leurs profits, les traders effectuent des mélanges avec des produits toxiques et particulièrement nocifs pour l’environnement et pour la santé. Des opérations souvent risquées qui s’effectuent à quai, notamment à Rotterdam, Amsterdam et Anvers, ou en pleine mer à quelques miles des côtes de Gibraltar ou des ports d’Afrique de l’Ouest. Les traders ont un nom pour qualifier ces produits pétroliers : « qualité africaine ». Ce carburant toxique est écoulé en Afrique de l’Ouest où les négociants en matières premières profitent de réglementations qui permettent encore l’importation de diesel et d’essence contenant un taux de soufre très élevé. Ils en ont fait un marché parallèle et opaque.

    Public Eye a effectué des prélèvements dans des stations essence de huit pays africains (Angola, Bénin, Congo-Brazzaville, Ghana, Côte d’ivoire, Mali, Sénégal et Zambie) détenues ou alimentées par ces maîtres du négoce pétrolier, comme Trafigura, Vitol ou Oryx. Plus de deux tiers des échantillons contiennent un taux de soufre supérieur à 1 500 parties par million (ppm). Avec une pointe à 3 780 ppm au Mali. La limite est de 10 ppm en Europe, aux Etats-Unis et même en Chine, à partir de 2017.
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/15/matieres-premieres-comment-les-traders-suisses-ecoulent-du-carburant-toxique-en-afrique_4998076_3212.html#xtor=AL-32280515

  2. Quentin dit :


    Il vient d’être réédité le livre du colonel Jacques Hogard sur le Rwanda (un attentat avait déclenché le génocide de 1994, responsable de 800 000 morts). L’ancien général rwandais Faustin Kayumba Nyamwasa accuse l’actuel président Paul Kagame d’avoir fomenté l’attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994 :
    http://www.leparisien.fr/international/rwanda-l-enquete-sur-l-attentat-contre-habyarimana-relancee-en-france-07-10-2016-6184261.php
    L’interview de Jacques Hogard le 12 septembre 2011 :

    « Les larmes de l’honneur » n’a pas été écrit pour justifier le bien-fondé de l’opération Turquoise et réhabiliter l’armée française dans l’affaire rwandaise. C’est l’ouvrage d’un homme révolté contre la propagande médiatique, la désinformation et les contre-vérités.
    http://www.parismatch.com/Actu/International/Jacques-Hogard-rehabilite-l-operation-turquoise-au-Rwanda-1117847

    Il dénonce les groupes de pressions anglo-saxons, belges et français qui accusent la France d’avoir des responsabilités dans le génocide et les exhorte à se poser les bonnes questions. Quelles sont les raisons qui ont poussé l’ONU de se dépouiller de tous ses effectifs quinze jours après le début des massacres ? « Il faudra bien qu’un jour toute la vérité soit faite sur cette période charnière dramatique. »

    En revanche, sur la genèse du génocide, Jacques Hogard ne s’interroge pas : Malgré l’évidence, malgré les témoignages de certains de ses compagnons d’armes, l’actuel Président rwandais Paul Kagamé, niera jusqu’à nos jours avoir été l’instigateur de cet assassinat déclencheur du génocide du siècle. On sait pourtant aujourd’hui que c’est une équipe de quatre hommes du FPR (parti de Paul Kagamé), le « network commando » agissant sur les instructions directes du colonel James Kabarebe, un des adjoints de Paul Kagamé qui a procédé à cette opération.

    Depuis plus de vingt ans, la justice multiplie les volte-faces, selon les pouvoirs en place. Pendant ce temps, les témoins qui furent proches du Président rwandais, qui savaient et auraient été prêts à parler meurent, dans des conditions troublantes, les uns après les autres. Enfin, les juges français en charge de ce dossier s’apprêtent à partir en Afrique du Sud rencontrer l’ancien chef d’état-major de Paul Kagamé qui a réussi à survivre à deux tentatives d’assassinat… Il faudra bien qu’un jour toute la vérité soit faite sur l’attentat déclencheur du génocide.
    https://blogs.mediapart.fr/michel-robardey/blog/171116/rwanda-les-larmes-de-lhonneur-jacques-hogard

    Qui est Jacques Hogard ?

    Jacques Hogard, né le 16 décembre 1955, est un officier parachutiste de la Légion étrangère, de nationalité française. Issu d’une vieille famille lorraine, il est le fils du général Jacques Hogard, officier d’infanterie de marine, combattant de la Seconde Guerre mondiale et des guerres d’Indochine et d’Algérie, et le neveu du général Pierre de Bénouville, héros de la Résistance et Compagnon de la Libération. Il effectue sa formation d’officier à l’École militaire interarmes de Saint Cyr Coëtquidan (Promotion Général Laurier, 1978-79), puis entre en service dans la Légion étrangère, où il est lieutenant, puis capitaine au 2e régiment étranger de parachutistes, et enfin colonel. Il participe à plusieurs missions extérieures dans les années 1980 et 1990, en Afrique notamment. En 1992, il est affecté au bureau opérations de l’état-major des troupes françaises stationnées à Djibouti. Il dirige le « bureau opérations » de l’opération Oryx en Somalie (1992-1993) durant la tentative des Nations unies de stopper la guerre civile somalienne, de l’opération Iskoutir en République de Djibouti, de l’opération Diapason au Yémen. Il est commandant du groupement de Légion Étrangère lors de l’opération Turquoise au Rwanda, en 19941). A ce titre, il est membre fondateur de l’association France-Turquoise, dont l’objet principal est le « rétablissement de la vérité sur l’action de l’armée française et des militaires français au Rwanda » suite aux allégations concernant ceux-ci durant le génocide au Rwanda, entre autres par la Commission Mucyo. Il rejoint ensuite l’état-major de la Légion étrangère, puis celui de l’armée de terre française et enfin le commandement des opérations spéciales (COS). C’est ainsi qu’il commande le groupement interarmées des forces spéciales qui ouvre la voie à la Brigade Leclerc en Macédoine, puis au Kosovo, en 1999 lors de la guerre du Kosovo. Le colonel Hogard prend sa retraite anticipée en 2000. Il fonde et dirige depuis une entreprise de conseil spécialisée en intelligence stratégique et en lobbying à l’international. Jacques Hogard est diplômé du CPA (Centre de Perfectionnement aux Affaires), Exécutive MBA d’HEC.

  3. Eloïse dit :

    Extrait de Francois-Xavier Verschave, « De la Françafrique à la Mafiafrique », 2003 :

    « La Françafrique, c’est comme un iceberg. Vous avez la face du dessus, la partie émergée de l’iceberg : la France meilleure amie de l’Afrique, patrie des droits de l’Homme ; et puis, en fait, vous avez 90 % de la relation qui est immergée : l’ensemble des mécanismes de maintien de la domination française en Afrique avec des alliés africains.

    On voit ici l’application d’un monde sans lois, d’un monde sans règles, plein de détournements financiers, de criminalité politique, de polices tortionnaires ou de soutiens à des guerres civiles. Autrement dit des fonctionnements de solidarité entre un certain nombre de Français et d’Africains qui se sont organisés en réseaux pour tenir ces pays politiquement (par la dictature), militairement (avec les mercenaires), et à travers un certain nombre de circuits financiers pompant l’argent des matières premières, l’argent de la dette, l’argent de l’aide publique au développement. Des réseaux faisant en sorte que ces peuples d’Afrique aient encore pire qu’un dictateur, un dictateur “légitimé démocratiquement”. En effet ces réseaux ont passé leur temps à faire “valider” par les urnes l’inverse de la volonté du peuple, quitte à dégoûter les gens de la démocratie.

    Enumérons rapidement certains de ces réseaux :

    Il y a ce qu’on appelle les réseaux politico-affairistes ; le plus important d’entre eux, c’était le réseau Foccart, créé sous De Gaulle ; disons que c’était le réseau gaulliste. Et puis il y eut les réseaux néogaullistes – principalement le réseau Pasqua –, le réseau Giscard, le réseau Mitterrand, le réseau Madelin, le réseau Rocard, etc.

    Ensuite, il y a quelques très grandes entreprises qui jouent un rôle dominant là où elles se trouvent. Il y a Elf, bien entendu, qui faisait la politique de la France au Gabon, au Cameroun, au Congo-Brazzaville, au Nigéria, en Angola, etc. Il y a Bouygues, qui contrôle les services publics en Côte-d’Ivoire, qui a hérité d’une grande partie des subventions d’investissements de l’aide publique au développement. Il y a Bolloré, qui a le monopole des transports et de la logistique sur la bonne partie de l’Afrique. Il y a Castel, qui contrôle les boissons, etc.

    Et puis il y a les militaires. La plupart des hauts dignitaires de l’armée française ont fait leurs classes en Afrique où ils ont eu des carrières accélérées, deux ou trois fois plus rapides, avec des soldes faramineux. L’armée française tient beaucoup à l’Afrique ; elle fait encore la politique de la France au Tchad ou à Djibouti. La plupart des généraux africains francophones, y compris les généraux-présidents, sont ses “frères d’armes”.

    Vous avez encore les différents services secrets, qui se disputent entre eux et qui ont chacun un rôle dans la Françafrique. Vous avez la DGSE, le principal service secret vers l’étranger, qui contrôlait de près chacun des “gouverneurs à la peau noire”. Vous en avez un autre, qu’il est beaucoup plus surprenant de rencontrer en Afrique, la DST (Direction de la sécurité du territoire). En principe, elle ne devrait que s’occuper de l’intérieur de la France. Mais elle s’occupe aussi de l’extérieur pour diverses raisons ; d’abord parce qu’il s’agirait de protéger la France, des dangers de l’immigration. Ensuite la DST, qui est une police politique, fait de la coopération avec l’ensemble des polices politiques de toutes les dictatures du monde. Donc, elle devient copine avec toutes les “sécurités intérieures” des pires dictatures. Et du coup, la DST se retrouve impliquée dans beaucoup de pays, comme le Gabon, le Burkina, l’Algérie, l’Angola, etc.

    J’ai oublié de dire que, bien entendu, les réseaux françafricains sont devenus les mêmes au Maghreb qu’en Afrique noire, avec exactement les mêmes mécanismes en Algérie, en Tunisie et au Maroc que ceux que je vous ai décrits jusqu’à présent.

    Après la DGSE et la DST, il y a la Direction du renseignement militaire, poisson-pilote de l’armée, qui fait la propagande de la France lors des conflits en Afrique, et puis l’ancienne Sécurité militaire, qu’on appelle maintenant DPSD, qui, entre autres, contrôle les mercenaires et les trafics d’armes.

    Il faut rajouter un certain nombre de réseaux d’initiés : une obédience franc-maçonne dévoyée, la Grande Loge nationale française (GLNF), fort à droite, à laquelle appartiennent tous les dictateurs franco-africains, une forte proportion des responsables des services secrets, des généraux français et africains, les dirigeants de grands médias comme TF1, une partie du lobby nucléaire et pétrolier, etc. Vous avez des sectes très présentes en Afrique et liées à la Françafrique, comme les Rose-Croix ou même le Mandarom…

    Il y a encore le Trésor, du ministère des Finances, l’administration française la plus puissante : elle applique à l’Afrique les politiques de la Banque mondiale.

    Mais tout ça va encore plus loin… Pour comprendre, prenons l’exemple de l’Angola : Dans ce pays il y a d’énormes gisements pétroliers, et là il faut se partager le gâteau. On fait ce qu’on appelle des consortiums, c’est à dire des camemberts. Dans un gisement classique, vous avez 42,5 % pour Total-Elf, et 42,5 % pour une firme américaine ou britannique. Là, vous vous apercevez que le discours anti-américain de la Françafrique c’est vraiment du pipeau, parce que dès qu’il s’agit de choses sérieuses, on se réconcilie. Mais le plus intéressant, ce sont les 15 % restants. Dans ces 15 %, vous avez par exemple 10 % pour une firme qui s’appelle Falcon Oil. Falcon Oil, c’est monsieur Falcone. Ce vendeur d’armes, qui n’est pas plus pétrolier que vous et moi, a fondé une firme pétrolière. Où ça ? Aux États-Unis. Et ce proche de Pasqua, le pourfendeur des Américains, a aussi été le premier contributeur de la campagne de Bush, à égalité avec le PDG d’Enron. Donc, 10 % du gisement pour un vendeur d’armes. Et 5 % pour une firme de mercenaires… Vous voyez ainsi que dans l’exploitation des plus grands gisements de la planète sont inscrits, quasi génétiquement, la fourniture de 15 % de biens et service de guerre : des armes et des mercenaires. Et vous vous étonnez après ça que la quasi-totalité des pays pétroliers africains soient plus ou moins constamment en guerre civile ? Il n’y a pourtant pas de quoi s’étonner : les armes et le pétrole, ça va en permanence ensemble.

    Alors là, on va passer à la mondialisation. Pourquoi les armes et le pétrole sont-ils pratiquement le même commerce ? Pourquoi les principaux acteurs de l’affaire Elf – les Sirven, Marchiani, Tarallo, Lethier – sont-ils autant dans les armes que dans le pétrole ? Pourquoi l’affaire Elf a d’abord été une affaire de ventes d’armes à Taiwan ? Tout simplement parce que le pétrole et les armes sont les secteurs de la plus grande corruption, avec des pourcentages de commissions allant de 20 à 30 ou 50 %, et que cette corruption, forcément, doit passer par les paradis fiscaux. Dès lors forcément, commercer des armes et du pétrole, cela revient à maîtriser les flux financiers et les circuits bancaires dans les paradis fiscaux… »

  4. Haï dit :


    Bernard Lugan vient de sortir « Algérie : l’histoire à l’endroit » un autre point de vue (très éloigné du politiquement correct) sur l’Algérie et la colonisation de celle-ci par la France :

    En février 2017, Bernard Lugan avait envoyé une lettre ouverte à Emmanuel Macron, suite aux propos que ce dernier avait tenu, concernant la colonisation française en Algérie. Oser parler de « crime contre l’humanité », maladroitement rectifié en « crime contre l’humain », au sujet de la colonisation revient en réalité à classer cette dernière au niveau des génocides du XXe siècle. Etait-ce le cas ? Les chiffres de l’accroissement de la population ne semblent pas l’indiquer puisqu’en 1830, la population musulmane de l’Algérie n’excédait pas 1 million d’habitants alors qu’en 1962 elle avait bondi à 12 millions. En créant l’Algérie, la France donna un nom à une ancienne colonie ottomane, traça ses frontières, unifia ses populations, y créa une administration et toutes ses infrastructures.


    René Sédillot écrivait dans « L’histoire n’a pas de sens », Paris, 1965 (page 71) :

    • « La colonisation française a poussé l’ingénuité (ou pour certains la maladresse) jusqu’à favoriser de son mieux les naissances : non seulement par le jeu des allocations familiales, mais aussi par la création d’établissements hospitaliers destinés à combattre la stérilité des femmes. Ainsi, les musulmanes, lorsqu’elles redoutaient d’être répudiées par leurs maris, faute de leur avoir donné des enfants, trouvaient en des centres d’accueil dotés des moyens les plus modernes tout le secours nécessaire pour accéder à la dignité maternelle. »


    Et Pierre Goinard dans « Algérie : l’œuvre française » Paris, 1986 :

    • « En 132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait jamais possédé après y avoir découvert et mis en exploitation les sources d’énergie qui font aujourd’hui sa richesse. Comme je ne cesse de l’écrire depuis des années, en donnant l’indépendance à l’Algérie, la France y laissa 70.000 km de routes, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels qui étaient propriété de l’Etat français ; 31 centrales hydroélectriques ou thermiques ; une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités. Dès l’année 1848, et alors que la conquête de l’Algérie était loin d’être achevée, 16 000 enfants en majorité musulmans étaient scolarisés. En 1937 ils étaient 104 748, en 1952 400 000 et en 1960 800 000 avec presque 17 000 classes, soit autant d’instituteurs dont les 2/3 étaient Français. »

    En 1962, il y avait en Algérie, un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Tous ces équipements, toutes ces infrastructures, tous ces établissements ainsi que les personnels qui les faisaient fonctionner avaient été payés par la France et avec l’argent des Français.

    http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/lettre-ouverte-monsieur-emmanuel-macron.html

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