Les grosses fortunes quittent à nouveau la France.

 

Sur les 300 plus grosses fortunes résidant en Suisse, comptabilisées avec un patrimoine d’au moins 100 millions de francs suisses (81,5 millions d’euros), il y a aujourd’hui 44 exilés français pour un patrimoine total d’un  peu moins de 30 milliards d’euros. Il y a dix ans, on en comptait dix-sept. Et sur ces quarante-quatre, on compte treize milliardaires en francs suisses.

Cela dit, on estime qu’en réalité,  le nombre total de personnes, toutes nationalités confondues, disposant d’une fortune supérieure à 100 millions de francs suisses dépasse le millier, soit plus de trois fois les fortunes identifiées. Secret et discrétion restent donc la règle. L’évaluation des fortunes, très impactée par les cours de Bourse, marque donc un recul par rapport à 2010. Alors que le montant de la fortune totale stagne autour de 544 milliards, le nombre de milliardaires progresse pour atteindre 140 familles, contre 135 en 2010, signe que les plus riches des plus riches s’en sortent globalement mieux que les autres.

 

Parmi ceux-ci, on compte chez les Français, la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, mais aussi les familles Castel (vins), Primat (héritier Schlumberger), et Benjamin de Rothschild (Compagnie financière Edmond de Rothschild), toutes quatre basées à Genève et dotées d’un patrimoine supérieures à 2 milliards de francs suisses (1,63 milliards d’euros), jusqu’à 4 à 5 milliards,  pour les familles Wertheimer et Caste.

 

Si ces grandes familles du capitalisme français avaient quitté la France depuis longtemps, en revanche, d’autres sont bien arrivés récemment en Suisse, comme le français Denis Dumont, qui a fait fortune en créant et rachetant des enseignes de produits frais de qualité à prix discount, via son enseigne Grand Frais, ou Bruno Moineville, actionnaire aux côtés de Patrick Drahi et du fonds Cinven de Numericable, et arrivé discrètement à Vaud il y a près de trois ans. Si le flux s’accélère nettement depuis un an, c’est en raison de la suppression du bouclier fiscal. Comme en 1981, la crainte de l’élection d’un président de gauche en France qui va devoir accroître la pression fiscale sur les plus riches pour satisfaire son électorat, a incité nombre de Français à organiser leur sortie de France avant même l’élection. 

 

https://www.latribune.fr/vos-finances/impots/fiscalite/20111201trib000668201/decouvrez-la-liste-des-44-plus-grandes-fortunes-francaises-exilees-en-suisse.html