Le néo-libéralisme ne fait plus recette chez les étudiants canadiens

néolibéralisme canadien

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Cela va faire  plus de trois mois que  les étudiants du Québec, sont  en grève, contre le projet gouvernemental  d’augmenter de 75%  les droits d’inscription à l’université. Des manifestations considérables ont déstabilisé ce gouvernement libéral, entraînant la démission de la ministre de l’éducation, Line Beauchamp.

http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201205/14/01-4525176-line-beauchamp-demissionne.php

Le premier ministre Jean Charest ne trouve rien de mieux à faire en ce 17 mai que de faire passer une « loi spéciale » visant à rendre illégale la grève et à criminaliser les étudiants en lutte.  Pourtant cette loi ne contrevient-elle pas à la charte des droits et libertés ?

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/05/17/004-projet-loi-reaction.shtml

Les organisateurs d’une manifestation de plus de 10 personnes devront communiquer leur parcours 8 heures avant. Et les personnes qui y participeront devront s’assurer que l’événement correspond aux renseignements fournis à la police et ne devront pas être à moins de 50 m des établissements d’enseignement. De très lourdes amendes sont prévues qui vont de 1000 à 5000 $ pour un individu. Pour les organisateurs ou un employé, l’amende est plus importante de 7000$ à 35000 $ par jour. Et pour les associations de 25000$ à 125000 $ par jour.  Et en cas de récidive, on double l’ amende. Pourtant, selon un sondage Harris-Decima, les Québécois seraient à 60% contre la hausse des frais de scolarité !

http://www.cfs-fcee.ca/html/french/media/mediapage.php?release_id=1353

Le néolibéralisme mondial en matière d’enseignement supérieur, entraînant l’augmentation de la part du financement privé des dépenses universitaires n’est donc pas démocratique. Car il n’y a pas qu’au Canada que cette pensée dominante fait des ravages. On l’a vu en hiver 2010 avec la grève des étudiants anglais ! Ou encore avec celle des étudiants chiliens l’année dernière.

Le mouvement des Indignés et d’Occupy Wall Street  s’inscrit aussi explicitement contre ce modèle. Le cas des États-Unis commence à être mieux connu. Dans un article , intitulé « Endettement étudiant : une bombe à retardement aux États-Unis »,   le quotidien Le devoir faisait le point sur la dette des étudiants américains. Elle a quintuplé en douze ans pour atteindre mille milliards de dollars, soit une dette moyenne par étudiants de 25 000 $. Plus du tiers des dettes d’étudiants sont « titrisées », c’est-à-dire regroupées puis cédées à des investisseurs sous forme de produits dérivés.

http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/350033/endettement-etudiant-une-bombe-a-retardement-aux-etats-unis

Non seulement les étudiants américains sortent lourdement endettés de leurs études, mais leurs perspectives d’emploi sont à leur plus bas niveau. A l’heure actuelle, pécuniairement parlant,  il leur est donc préférable de ne pas se lancer dans des études.  C’est l’appauvrissement  intellectuel organisé pour toute une classe d’âge !

 

femme au parapluie

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